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Télérama

Lola Lafon, une flamme des balkans

Son chant ardent s’appuie sur une musique aux influences folk-rock-électro. Intense.

Par Valérie Lehoux



Son premier livre avait été une claque. Son premier album est une gifle. Lola Lafon,  32 ans, née à Paris mais élevée en Roumanie et en Bulgarie, est une jeune femme incandescente. Elle jette ses mots comme des bombes ou comme des ponts. Elle écrit et elle chante en se moquant des modes et des carcans, parce qu’elle est incapable de faire autrement. Son nom, on l’a découvert en 2003 sur la couverture d’un roman vérité, le premier pari de l’éditeur Beigbeder. Une fièvre impossible à négocier parle d’un viol. « Je n’ai jamais caché que c’était une histoire vraie. » Et dans sa vie, un tournant : sitôt son livre paru, Lola se met à recevoir quantité de lettres et de mails signés d’inconnus familiers. « C’est troublant, j’ai la sensation de connaître celles et ceux qui m’écrivent, dit-elle. Beaucoup de mots et de maux. Je ne peux pas ne pas les entendre. Et je me dis que sur scène je n’ai pas le droit d’être déprimante. » Et elle ne l’est pas du tout ! Leva, le groupe cosmopolite (un 
 Macédonien, un Serbe, un Français, un Belge) qu’elle a monté il y a sept ans, balance un « folk-rock-électro balkanique » énergique et décapant. « J’ai grandi entre les hymnes à la gloire de Ceaucescu et les sons traditionnels des Balkans. Quand je suis revenue en France à 12 ans, j’ai découvert un autre monde : celui des supermarchés et du rock anglo-saxon. » En quelques mois, l’adolescente un peu sonnée a absorbé Patti Smith, Cat Stevens, les vieux Stones… Et Barbara, seule chanteuse d’ici qui trouve grâce à ses yeux. Aujourd’hui, la musique de Lola est faite de toutes ces influences. C’est pour cela qu’elle sort de l’ordinaire. C’est aussi pour ce qu’elle dit. Message politique pas cadré. « Je me méfie des systèmes, quels qu’ils soient. L’Est était liberticide, l’Ouest laisse mourir ses pauvres dans les rues. » Lola est à gauche résolument, altermondialiste sûrement, mais elle déteste les croyances. Son chant est libre et ardent et son rock est brûlant. « Il faut résister, ne pas trop s’adapter à l’époque. Si demain j’ai envie de chanter en bulgare avec des samples et une guitare folk, je le ferai. » Elle fait déjà mieux : écrire et chanter avec urgence et nécessité. C’est cela un artiste, non ?

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