{"id":687,"date":"2014-03-17T14:09:59","date_gmt":"2014-03-17T14:09:59","guid":{"rendered":"http:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=687"},"modified":"2014-03-17T14:09:59","modified_gmt":"2014-03-17T14:09:59","slug":"ifverso-fr-la-mue-de-nadia-comaneci","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=687","title":{"rendered":"ifverso.fr &#8211; La mue (&#8230;) de Nadia Comaneci"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/if-verso11.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-688\" alt=\"if-verso\" src=\"http:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/if-verso1-300x114.png\" width=\"300\" height=\"114\" srcset=\"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/if-verso1-300x114.png 300w, https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/if-verso1-100x38.png 100w, https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/if-verso1-150x57.png 150w, https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/if-verso1.png 456w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>La petite communiste qui ne souriait jamais<\/h2>\n<p><a title=\"A lire sur ifverso.fr\" href=\"http:\/\/ifverso.fr\/fr\/content\/la-mue-de-fiction-france-et-de-nadia-comaneci\" target=\"_blank\">A lire sur ifverso.fr<\/a><\/p>\n<p>L\u2019un des titres retenus dans cette s\u00e9lection de janvier 2014 (et l\u2019un des plus salu\u00e9s par la presse et les lecteurs) est le quatri\u00e8me roman de Lola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais, chez Actes Sud. La romanci\u00e8re (et musicienne) y retrace le parcours de Nadia Comaneci, la gymnaste prodige qui obtint trois m\u00e9dailles d\u2019or aux Jeux olympiques de 1976, et, \u00e0 sept reprises, la ronde et mythique note de 10 (qui fait l\u2019objet de la magnifique sc\u00e8ne d\u2019ouverture du livre : un 1 s\u2019affiche sur les \u00e9crans, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pens\u00e9s pour accueillir la note supr\u00eame).<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit de la vie de Nadia C., parfaitement men\u00e9, se double d\u2019un dialogue imaginaire entre la gymnaste et la narratrice biographe, qui s\u2019affrontent autour de leurs diff\u00e9rentes versions de l\u2019histoire. Nadia, qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tant de fois d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de son corps, par son entra\u00eeneur, son pays, par tous les hommes du monde, en un sens, refuse que son histoire lui \u00e9chappe. Elle ren\u00e2cle. Elle biffe, elle r\u00e9\u00e9crit. La biographe cherche, elle, \u00e0 percer le myst\u00e8re de cette femme adul\u00e9e par le monde entier avant d\u2019\u00eatre jet\u00e9e aux orties au moment o\u00f9 son corps grandit, et la femme-enfant laisse place \u00e0 l\u2019adolescente, \u00e0 la jeune femme.<\/p>\n<p>Passionnante histoire d\u2019un corps qui jamais ne s\u2019appartint. Model\u00e9 par Bela, l\u2019entra\u00eeneur maniaque, par les entra\u00eenements, les r\u00e9gimes alimentaires, les comp\u00e9titions, adul\u00e9 apr\u00e8s les JO de Montr\u00e9al de 1976, d\u00e9sir\u00e9 comme un id\u00e9al de nymphette \u00e0 l\u2019Ouest, instrumentalis\u00e9 \u00e0 l\u2019Est par Ceau\u015fescu, le corps de Nadia Comaneci est le lieu o\u00f9 convergent et s\u2019affrontent des forces. L\u2019intelligence de Lola Lafon est de se placer au niveau de ce corps, de ses douleurs, ses m\u00e9tamorphoses, ses f\u00ealures, pour conter ce qui s\u2019y joue politiquement et socialement. Le capitalisme, le communisme, mais surtout l\u2019universelle domination sexuelle qui se manifeste l\u00e0 dans chaque regard et dans l\u2019invraisemblable rejet d\u2019un corps perdant son attrait : \u00ab Ch\u00e8re Nadia, \u00e9crit l\u2019\u00e9ditorialiste du Guardian. Tu \u00e9tais mmmmm quand tu faisais ce geste de la main \u00e0 la fin de ton exercice au sol. Mon chaton m\u00e9canique. Aujourd\u2019hui, la Nadia, elle a dix-huit ans, elle porte un soutien-gorge et doit se raser les aisselles. \u00bb Juillet 1980.<\/p>\n<p>\u00ab Son corps devenu une prison au lieu d\u2019une arme \u00bb, \u00e9crit la narratrice.<\/p>\n<p>Pourtant, m\u00eame instrumentalis\u00e9e, m\u00eame chahut\u00e9e, m\u00e9tamorphos\u00e9e, cette Nadia reste un myst\u00e8re. Derri\u00e8re la peau, quelque chose demeure inaccessible et irr\u00e9ductible aux dominations sexuelles et politiques. Une obstination, une sorte de mur que Lola Lafon rend admirablement \u00e0 l\u2019aide de ces dialogues fantasm\u00e9s avec cette Nadia C. Chaque chapitre, chaque pan de r\u00e9cit est imm\u00e9diatement soumis \u00e0 la critique et l\u2019autocritique, comme en une r\u00e9miniscence ou un h\u00e9ritage communiste.<\/p>\n<p>On pensait lire l\u2019histoire d\u2019un enfermement, d\u2019une ali\u00e9nation \u2013 c\u2019est le r\u00e9cit d\u2019une conqu\u00eate de la libert\u00e9. Le corps, premier lieu de l\u2019oppression, et premi\u00e8re source d\u2019affranchissement. Conqu\u00eate infiniment complexe, certes, mais quelque chose nous dit, nous susurre, que Nadia C. y parvient. Admirable prouesse : c\u2019est bien Hercule qui se dissimulait sous ce corps ch\u00e9tif voltigeant de barre en barre.<\/p>\n<p><em>Pierre Ducrozet<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> \u2026 <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=687\">Lire<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":688,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,14,4],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/687"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=687"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/687\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/688"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=687"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=687"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=687"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}