{"id":513,"date":"2011-07-09T12:49:00","date_gmt":"2011-07-09T12:49:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/LOLA\/presse\/2011\/07\/commentaires-sur-blog-litteraire-encres-vagabondes\/"},"modified":"2011-07-09T12:49:00","modified_gmt":"2011-07-09T12:49:00","slug":"commentaires-sur-blog-litteraire-encres-vagabondes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=513","title":{"rendered":"Encres-Vagabondes.com (blog Litt\u00e9raire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"articlebody\" itemprop=\"articleBody\" style=\"text-align: left;\">\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: xx-large; color: #000000;\">Lola LAFON<\/span><\/p>\n<h2>Nous sommes les oiseaux de la temp\u00eate qui s&rsquo;annonce<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\">Elles se sont rencontr\u00e9es dans un groupe de parole r\u00e9unissant les victimes de viols. Li\u00e9es toutes les deux par cette exp\u00e9rience muette et la passion pour la danse classique, elles vivent au ralenti, endolories et impuissantes dans un pays plomb\u00e9 par \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9lection\u00a0\u00bb, grignot\u00e9 par la violence et la r\u00e9pression. Mais Emile est en train de mourir, victime de mort subite et plong\u00e9e dans un coma, le corps \u00e0 33\u00b0. La famille veille. Chaque jour, la narratrice, sa s\u0153ur de c\u0153ur, les rejoint. \u00ab\u00a0<i>Nos conversations sont des petits rubans qui nous tiennent ensemble, emp\u00eachent nos penser de d\u00e9railler, solitaires, vers ce moment o\u00f9 peut-\u00eatre. De ce lit. Vers un brancard. Recouvert d&rsquo;un drap.<\/i>\u00a0\u00bb Quand ils partent tous, obstin\u00e9ment, elle parle, \u00e9crit, raconte. \u00ab\u00a0<i>Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 prendre des notes, il me semblait que tant que je t&rsquo;\u00e9crivais tu ne mourrais pas<\/i>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">A la narratrice et au fant\u00f4me aim\u00e9, se joint une autre femme crois\u00e9e \u00e0 la cin\u00e9math\u00e8que o\u00f9 elles se retrouvent journellement. En r\u00e9f\u00e9rence au film, elle l&rsquo;avait nomm\u00e9e \u00ab\u00a0La petite fille au bout du chemin\u00a0\u00bb, cela lui va bien. Tandis qu&rsquo;Emile joue les belles au bois dormant, elles se rapprochent, parlent, se confient. Lentement, la petite roumaine exil\u00e9e d\u00e9voile ses col\u00e8res et ses peurs \u2013 \u00ab\u00a0<i>il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00eatre gentille ici, ravale, avale&#8230;<\/i>\u00a0\u00bb \u2013 dit la passion perdue pour la danse, \u00e9voque son statut de victime qu&rsquo;on refuse de d\u00e9fendre. L&rsquo;autre, \u00e9chapp\u00e9e des supermarch\u00e9s, d&rsquo;un bar o\u00f9 elle servait \u00ab\u00a0<i>des jeunes corps fermes et blancs qui sont dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nementiel et la communication<\/i>\u00ab\u00a0, d&rsquo;une centrale de t\u00e9l\u00e9phonie, d&rsquo;un bureau de change o\u00f9 il lui fallait d\u00e9noncer \u00ab\u00a0<i>de fa\u00e7on s\u00e9curis\u00e9e et anonyme l&rsquo;identit\u00e9 des clients \u00e9trangers qui semblent suspects<\/i>\u00ab\u00a0, avant de tout plaquer, \u00e9maille la ville de tags et banderoles contre les injustices et l&rsquo;oppression, appelle \u00e0 la r\u00e9volte. Au journal initial \u00e9crit par son amie pour Emile se m\u00ealent alors les d\u00e9lires \u00e9pistolaires de la Petite Fille&#8230;<\/p>\n<p align=\"justify\">Sur fond de d\u00e9sastre s\u00e9curitaire et de conscience politique, les jours de ces trois femmes caboss\u00e9es par la vie, s&rsquo;entrelacent. \u00ab\u00a0<i>Trois vies sous vide qu&rsquo;on vient agacer d&rsquo;une pointe de ciseau jusqu&rsquo;\u00e0 en rompre la carapace.<\/i>\u00a0\u00bb Des f\u00e9ministes en lutte, des rebelles sur le front du refus qui comme la danseuse Sylvie Guillem (Mademoiselle Non) ou l&rsquo;anarchiste po\u00e9tesse Voltairine de Cleyre dont est tir\u00e9 le titre du roman, traversent les pages du roman, s&rsquo;incarnent dans le mouvement. Leur mode d&rsquo;action est impr\u00e9visible et artisanal, la passion y remplace la raison. \u00ab\u00a0<i>Les petites filles au bout du chemin. [&#8230;] Ce groupe a certainement pris naissance, comme bon nombre d&rsquo;entre eux, la nuit de l&rsquo;\u00c9lection. [&#8230;] Si le nom qu&rsquo;ils se sont choisi d\u00e9note une tendance \u00e0 l&rsquo;humour et m\u00eame un certain romantisme [&#8230;] la brigade anti-terroriste qui examine le mode op\u00e9ratoire du groupe (textes coll\u00e9s dans tous les quartiers de la ville, appel \u00e0 la violence urbaine syst\u00e9matique sous couvert de r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires&#8230;) penche pour une bande affinitaire de jeunes gens sportifs et entrain\u00e9s<\/i>.\u00a0\u00bb Les filles s&rsquo;amusent, explosent, se battent. Et si seule l&rsquo;imprudence pouvait les sauver ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce troisi\u00e8me roman de Lola Lafon s&rsquo;inscrit naturellement, en \u00e9cho aux pr\u00e9c\u00e9dents, entre autobiographie et fiction, r\u00e9alit\u00e9 et fiction, avec \u00e9motion et brutalit\u00e9.<br \/>\nLe r\u00e9cit s&rsquo;articule autour de la souffrance, entre pass\u00e9 (souvenirs d&rsquo;exil, de viol), pr\u00e9sent (soci\u00e9t\u00e9 polici\u00e8re fond\u00e9e sur l&rsquo;exclusion et l&rsquo;autorit\u00e9, ravages intimes, solitude ou folie mais aussi \u00e9nergie et app\u00e9tit de vie) et avenir sombre d&rsquo;une Europe en plein chaos. Un cri.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le roman est construit en trois parties : les visites \u00e0 Emile \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, les escapades \u00e0 deux avec la petite fille au bout du chemin, le \u00ab\u00a0<i>manifeste des filles de rien<\/i>\u00a0\u00bb lorsque toutes trois se r\u00e9unissent. Les chapitres, souvent tr\u00e8s brefs, avec ou sans titre, donnent du rythme \u00e0 une narration d\u00e9cupl\u00e9e par ces trois voix, entre rapports de police et articles de journaliste. Il en jaillit une musique vive, \u00e0 base de phrases courtes, hach\u00e9es, port\u00e9e par une \u00e9criture tour \u00e0 tour intime, pudique ou rageuse et extravertie, directe ou po\u00e9tique. Les mots tels un poing serr\u00e9 dans la poche, un sanglot coinc\u00e9 dans la gorge, se bousculent. Belle restitution de la parole de ces femmes fragiles, aux fronti\u00e8res de la d\u00e9raison, pr\u00eates \u00e0 tout car elles n&rsquo;ont rien \u00e0 perdre, qui, entre r\u00eaves et insurrection, portent leurs exc\u00e8s en bandouli\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cette ode aux femmes, \u00e0 l&rsquo;expression artistique, \u00e0 la vie, \u00e0 la r\u00e9volte, est puissante et habit\u00e9e.<br \/>\nLe pamphlet politique entre indignation et d\u00e9termination est violent.<br \/>\nUn mariage troublant au go\u00fbt d&rsquo;alcool fort. Un livre-d\u00e9lire diablement litt\u00e9raire \u00e0 lire absolument !<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Dominique Baillon-Lalande<\/i><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"clear: both; text-align: left;\">Source internet : <a href=\"http:\/\/www.encres-vagabondes.com\/magazine\/lolalafon2.htm\" target=\"_blank\">http:\/\/www.encres-vagabondes.com\/magazine\/lolalafon2.htm<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> \u2026 <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=513\">Lire<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,4,6],"tags":[107],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/513"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=513"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/513\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=513"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=513"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=513"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}