{"id":482,"date":"2006-02-13T11:51:00","date_gmt":"2006-02-13T11:51:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/LOLA\/presse\/2006\/02\/commentaires-sur-liberation\/"},"modified":"2006-02-13T11:51:00","modified_gmt":"2006-02-13T11:51:00","slug":"commentaires-sur-liberation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=482","title":{"rendered":"Lib\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<div class=\"articlebody\" itemprop=\"articleBody\">\n<h1><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Lola Lafon A fond<\/span><\/strong><\/h1>\n<p><em><strong>Manifeste de la chanteuse \u00e9crivain qui laisse \u00e9clater sa rage prometteuse<\/strong><\/em><br \/>\n<em><strong> sur des airs de rock balkanique.<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>Par Ludovic PERRIN<\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00a0Blonde, une voix douce et des fringues cyberbab : les apparences sont trompeuses. <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Lola Lafon, comme une \u00e9tudiante de 32 ans, n&rsquo;est pas m\u00e8re Teresa. Elle a de la <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">rage. Dites-lui \u00e7a, c&rsquo;est un compliment. Ancienne squatteuse, militante au sein <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">de fanzines anti (-fafs, -sexistes), elle voit en l&rsquo;anarchisme une mani\u00e8re <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">apatride de \u00abgrandir \u00e0 l&rsquo;envers de rien, le plus terrorisant \u00e9tant de grandir \u00e0 <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">l&rsquo;endroit de tout\u00bb. La chanson fran\u00e7aise lui est \u00e9trang\u00e8re. Elle ne comprend pas <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">de quoi \u00e7a parle. Elle, son \u00abcopain\u00bb et sa \u00abrue\u00bb ne sont pas les seules choses <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">qu&rsquo;elle a en t\u00eate. Elle r\u00e9sume : \u00abL&rsquo;important est de chanter ce qui est <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">difficile \u00e0 dire.\u00bb Et avec le chant, ce \u00abcri horizontal qui fr\u00f4le la terre\u00bb <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">(Deleuze), elle continue d&rsquo;exprimer ce qu&rsquo;elle a d\u00e9j\u00e0 couch\u00e9 dans son premier <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">roman. Sous l&rsquo;aile de Beigbeder chez Flammarion, Une fi\u00e8vre impossible \u00e0 <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">n\u00e9gocier (2003), petit best-seller d\u00e9sormais en poche, \u00e9voque, de squats en <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">projets r\u00e9volutionnaires, le parcours d&rsquo;une fille viol\u00e9e qui n&rsquo;essaie pas <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">seulement de survivre mais de vivre dans une \u00absoci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale\u00bb \u00e9coeurante.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Catharsis. On lui a demand\u00e9 si c&rsquo;\u00e9tait autobiographique. On le lui demande <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">encore. Elle r\u00e9pond que les diff\u00e9rentes couches de r\u00e9\u00e9criture alt\u00e8rent <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">forc\u00e9ment. En revanche, \u00abl&rsquo;essentiel, le vrai, c&rsquo;est ce qui est sous-jacent \u00e0 <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">l&rsquo;histoire\u00bb. Sa grande soeur lui a fait un jour d\u00e9couvrir Barbara. Ecrire, <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">chanter, traduit chez Lola Lafon une m\u00eame volont\u00e9 de briser le silence, de <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">rompre l&rsquo;enfermement.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Cette forme de catharsis servie sur une musique des Balkans lui a valu apr\u00e8s des <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">concerts avec son groupe Leva des lettres qui ressemblent \u00e0 des courriers de <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">prisonniers. Souvent, elles commencent par \u00abJe n&rsquo;ai jamais racont\u00e9 \u00e0 personne <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">que&#8230;\u00bb \u00abQuel bordel, tous ces mots qui ne doivent pas \u00eatre dits, <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">remarque-t-elle. \u00c7a ne peut pas continuer comme \u00e7a, 80 % des gens qui finissent <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00e0 la poubelle pour que 20 % puissent vivre.\u00bb Elle ne conna\u00eet pas \u00abune personne <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">qui n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 mutil\u00e9e moralement, qui n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de ramper, qui <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 victime de harc\u00e8lement dans son boulot\u00bb.<br \/>\n<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 8pt;\">Ce syst\u00e8me qui \u00abapprend \u00e0 devenir insensible, \u00e0 enjamber les autres pour <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">construire son propre bonheur\u00bb est le m\u00eame que d\u00e9noncent les leaders improvis\u00e9s <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">des cort\u00e8ges altermondialistes. Les utopies sont-elles vou\u00e9es \u00e0 se r\u00e9aliser ? <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Chez Lola Lafon, elles sont empreintes d&rsquo;une nostalgie ayant peu \u00e0 voir avec <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">les fraises acidul\u00e9es de R\u00e9cr\u00e9 A2 et les refrains sucr\u00e9s de Claude Fran\u00e7ois. <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Ancr\u00e9es dans un monde aux fronti\u00e8res closes, elles font \u00e9cho au film Good-bye <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Lenin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">N\u00e9e en France, Lola Lafon a grandi jusqu&rsquo;\u00e0 ses 12 ans en Bulgarie et en <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Roumanie. Fille de profs communistes mut\u00e9s \u00e0 Sofia puis \u00e0 Bucarest, entre une <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">m\u00e8re d&rsquo;origine bi\u00e9lorusse et un p\u00e8re dix-huiti\u00e9miste, elle se souvient de <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">villes sans \u00e9lections, sans temples de la consommation, et de visages sans <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">passeport. Une tradition du messe basse dans des pays dont on se pla\u00eet \u00e0 <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">imaginer qu&rsquo;ils ne savent pas encore que les Beatles sont s\u00e9par\u00e9s. Ainsi <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">reprit-elle les disques de ses parents (Dylan, Cat Stevens, Stones, Clash, <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Patti Smith) et apprit les traditionnels locaux.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">En France, on lui a propos\u00e9 de faire de la pop. Mais, en 1999, ses jardins <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">d&rsquo;enfance sont remont\u00e9s \u00e0 la surface. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle s&rsquo;est affirm\u00e9e rock pour <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">les ex\u00e9g\u00e8tes, folklorique pour les rockers. Elle a cr\u00e9\u00e9 Leva, du mauvais bulgare <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">pour d\u00e9signer une monnaie de singe et dire aussi \u00ab\u00e0 la gauche de\u00bb. Dans sa <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">studette, sur huit pistes num\u00e9rique, elle a enregistr\u00e9 des maquettes qu&rsquo;elle <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">donnait apr\u00e8s les concerts. Elle s&rsquo;est produite avec les T\u00eates raides. Sur <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">samples de Bartok s&rsquo;y chantaient des r\u00e9voltes anti-Vigipirate. Dans son premier <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">album, de la guitare et des gymnop\u00e9dies accompagnent une voix de plainte. \u00abJ&rsquo;ai <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">vu des gens pleurer \u00e0 mes concerts. L&rsquo;important est qu&rsquo;ils n&rsquo;en sortent pas <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">d\u00e9prim\u00e9s mais avec une envie. On peut vouloir pleurer et courir en m\u00eame temps, <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">parce qu&rsquo;on est dans une belle chose.\u00bb Son credo est le mot d&rsquo;ordre d&rsquo;une <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">po\u00e9tesse russe : \u00abRefl\u00e9ter son \u00e9poque non comme un miroir, mais comme un <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">bouclier.\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Couper les ponts. Cela n\u00e9cessite une discipline. Lola Lafon est d&rsquo;accord, \u00ab\u00e7a <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">simplifie la vie\u00bb. Depuis ses 4 ans, elle danse, classique, contemporain. Le <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">chant, \u00e0 pr\u00e9sent. A 18 ans, elle a appris \u00e0 respirer durant six mois \u00e0 New <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">York. Maintenant qu&rsquo;elle se sent \u00ablibre dans sa voix\u00bb, elle peut mettre des <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">silences entre les notes, ou pas. Ses chansons n&rsquo;ob\u00e9issent qu&rsquo;\u00e0 leur format. <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Les couplets ont l&rsquo;option du d\u00e9bord, de ne pas \u00eatre \u00e0 la rime, de suivre <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">jusqu&rsquo;au bout le fil. Lola Lafon voudrait \u00eatre pareille, s&rsquo;annoncer puis <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">dispara\u00eetre, s&rsquo;\u00e9clipser et reprendre source. Parfois, elle d\u00e9branche son <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">portable. Elle rejoint quelqu&rsquo;un quelque part. C&rsquo;est sa seule conception du <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">voyage, couper les ponts selon son libre arbitre.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Son p\u00e8re est un sp\u00e9cialiste de Diderot. Elle a d\u00fb en d\u00e9battre ; ni dieu ni <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">ma\u00eetre, d&rsquo;accord, mais quand le succ\u00e8s se pointera, comment fera-t-elle ? On <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">lui raconte les choix, les ruptures radicales de Barbara, celle avec son <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">premier mari par exemple. A propos de chanson, un point de discorde met fin au <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">couple dans les rues de Bruxelles. Engueulade sur un trottoir. Barbara part <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">dans l&rsquo;autre sens. Ils ne se sont jamais revus. Lola Lafon dit : \u00abJe peux <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">comprendre.\u00bb L&rsquo;histoire la fait r\u00eaver ?<\/span><\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> \u2026 <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/?p=482\">Lire<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[13,5,7],"tags":[15,46,59,64,65,109],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/482"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=482"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/482\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=482"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=482"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lolalafon.toile-libre.org\/presse\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=482"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}